HomeImpulsionsEn Romandie, la philanthropie a plus d’énergie qu’en Suisse alémanique

En Romandie, la philanthropie a plus d’énergie qu’en Suisse alémanique

Depuis des années, il semblerait que sur les rives du Lac Léman, de nombreuses nouvelles initiatives d’utilité publique voient le jour et que certaines familles y fassent preuve d’un grand engagement. Le Rapport sur les fondations 2017, publié en allemand et en français, fournit à présent quelques chiffres supplémentaires, mais ne peut répondre à toutes les questions.

– Andreas Cueni

Les études concernant la disposition de la population à faire des dons aboutissent parfois à des résultats étonnants pour la partie francophone de la Suisse. D’après l’étude de Swissfundraising Marché des dons Suisse 2015, la Romandie compte 10 % de ménages donateurs en moins (67 % contre 77 % en Suisse alémanique), et surtout une somme de dons nettement inférieure: 160 francs contre 350 francs par ménage.

Coopération économique au développement et création de nombreuses nouvelles fondations
En revanche, lorsqu’il s’agit de gros dons, la situation s’inverse apparemment. En 2014, le canton de Genève a payé à lui seul 40 % des fonds affectés à l’aide au développement passant par le budget cantonal, à savoir 14 millions de francs sur 34, Fribourg contribue plus que Berne et le canton de Vaud plus que tous les cantons de Suisse centrale et orientale réunis. Les communes genevoises ont payé 10 millions de francs sur 17 d’aide au développement passant par les budgets communaux.
Conformément au Rapport sur les fondations 2017, en 2016, le canton de Genève a vu naître 48 nouvelles fondations, soit plus que le canton nettement plus grand de Zurich (41); où 30 fondations se sont en outre dissoutes, pour seulement huit à Genève. Dans le canton de Vaud, 39 nouvelles fondations ont vu le jour, nettement plus que dans d’autres grands cantons comme Berne (31), Lucerne (20), Saint-Gall (11) et Argovie (4) – et plus qu’à Bâle-Ville (29) et Bâle-Campagne (5). Depuis 2000, Genève a vu naître 722 nouvelles fondations, soit chaque année un chiffre semblable à celui de 2016.

Champ d’activité étendu
Dans l’Etat de Genève, il existait fin 2016 1174 fondations d’utilité publique, dans celui de Vaud 1413. Cela fait 24,2, respectivement 18,3 fondations pour 10 000 habitants; ces chiffres sont comparables à celui de Zurich (21,8), et nettement supérieurs à la moyenne suisse de 15,8.
Les fondations genevoises ont une caractéristique particulière: 50,6 % d’entre elles se trouvent sous la surveillance de la Confédération, ce taux est même de 64 % parmi celles fondées depuis 2000. Les valeurs d’autres cantons de Romandie se situent en l’espèce entre 13 et 32 %; le canton de Vaud étant à 22 %. La soumission à la surveillance de la Confédération suggère que les fondations opèrent au niveau national ou international; pour une activité locale ou régionale, la surveillance d’une autorité cantonale voire communale suffirait.

Fortunes moyennes élevées
Avec son équipe, Georg von Schnurbein, professeur au CEPS (Center for Philanthropy Studies de l’Université de Bâle) a pu analyser pour le dernier Rapport sur les fondations les données des autorités cantonales de surveillance des fondations de Suisse romande. La valeur moyenne de la fortune d’une fondation dans les seuls cantons de Genève, Vaud et Neuchâtel était de 6,4 millions de francs. Selon une étude similaire de la Suisse orientale (de la Thurgovie aux Grisons) l’année précédente, la fortune moyenne n’y était que de 2,8 millions de francs.
La fortune totale des fondations de ces trois cantons de Suisse romande s’élevait à 12,1 milliards de francs, dont 6,55 revenaient au canton de Vaud et 4,55 à celui de Genève. Les 60 plus grandes fondations genevoises sous surveillance cantonale gèrent à elles seules 3,7 milliards de francs. Dans le canton de Vaud, les 80 plus grandes accumulent 4,7 milliards. Les fortunes des vaudoises ont augmenté en l’espace de trois ans de 21 %, et celles des neuchâteloises de 16 %.
Malheureusement, les informations concernant la fortune portent seulement sur les fondations sous surveillance cantonale; celles sous contrôle fédéral, qui constituent pourtant la majorité à Genève, n’ont pas pu être analysées plus en détail dans le Rapport sur les fondations.

Engagements extraordinaires
Bien qu’elle ne soit pas inscrite au Registre suisse du commerce, Oak Foundation, de la famille d’entrepreneurs Parker, a son siège à Genève. En 2016, elle a soutenu 334 organisations dans 37 pays avec un montant total de 205 millions de dollars US. Quant à MAVA Fondation pour la nature, de la famille Hoffmann à Gland, au bord du Lac Léman, elle chiffre son volume annuel d’aide à 60-70 millions de francs; elle est actuellement en contact avec 142 partenaires. Des chiffres comparables (et une disposition à divulguer) de fondations alémaniques ne devraient pas être évidents à trouver.

Informations supplémentaires: www.stiftungsreport.chhttps://swissfundraising.org/fr/prestations/barometre-dimage-et-des-dons/