HomeNewsEntretien avec Martina Ziegerer : « Les OBNL montrent aujourd’hui à quel point leur travail est précieux, et qu’elles sont là pour les autres – tout particulièrement pendant les périodes difficiles »

Entretien avec Martina Ziegerer : « Les OBNL montrent aujourd’hui à quel point leur travail est précieux, et qu’elles sont là pour les autres – tout particulièrement pendant les périodes difficiles »

07.05.2020

Grands groupes, petites épiceries, restaurants ou organisations à but non lucratif… la crise du coronavirus n’épargne personne. Mais quelles sont les répercussions sur notre secteur ? Dans un entretien avec Swissfundraising, Martina Ziegerer, directrice de la Zewo, dresse un premier bilan de la situation.

Martina Ziegerer, plus de 500 OBNL certifiées portent le label Zewo. À quel point sont-elles touchées par la crise du coronavirus, et dans quel « état d’esprit » sont-elles ?

Les situations varient : certaines OBNL ont dû suspendre ou modifier temporairement leurs offres, tandis que d’autres ont répondu à la crise par des offres nouvelles ou élargies. Un grand nombre d’entre elles accumulent de l’expérience en télétravail, mais certaines ont également demandé une réduction de l’horaire de travail. La plupart des OBNL ne savent pas encore quel impact la crise du coronavirus aura sur leur situation financière.

Quelles organisations ressentent le plus les conséquences négatives de la situation actuelle ?

  1. Les OBNL qui, en raison de restrictions officielles ou d’un manque d’argent, ne peuvent plus fournir leurs services en tant qu’organisations EZA, brocantes ou parcs animaliers.
  2. Les OBNL du secteur social et de la santé, qui travaillent actuellement dans des conditions difficiles avec des groupes à risque, tout en répondant à leurs besoins spécifiques.
  3. Les OBNL dont les préoccupations ont temporairement quitté le devant de la scène, à l’instar des organisations de protection de la nature et de l’environnement.

À l’inverse, certaines organisations ont-elles enregistré une évolution positive « grâce » au COVID-19, et ainsi reçu davantage de dons ?

Dans un contexte de crise, on constate une importante solidarité au sein de la société et une grande propension à faire des dons. À elle seule, la Chaîne du Bonheur a recueilli 35 millions de francs pour la sauvegarde des conditions d’existence en Suisse, l’aide aux seniors et l’aide médicale. D’autres collectes ont permis d’attirer l’attention sur la situation particulière des sans-abri et des personnes souffrant d’une détresse psychique, mais également sur la situation précaire dans d’autres pays.

Comment la Zewo soutient-elle « ses » OBNL certifiées en cette période difficile ?

Nous avons aussitôt lancé le site Internet zewo.ch/corona pour les initiatives des œuvres de bienfaisance certifiées. Il a rencontré un vif succès. Par ailleurs, notre campagne SOS Corona nous permet de faire connaître ces initiatives et d’appeler à la solidarité et aux dons.

Certaines OBNL sont contraintes d’annuler complètement des projets ou au moins de les reporter, mais doivent continuer de payer les salaires de leurs collaborateurs ainsi que leurs charges. Inévitablement, le rapport entre les coûts administratifs et les coûts de projet va complètement changer dans ces institutions. Que conseillez-vous aux organisations qui craignent (au moins à moyen terme) de dépasser le fameux seuil de 20 % de coûts administratifs ?

Il est temps d’effectuer les tâches que nous remettons souvent à plus tard dans l’agitation du quotidien. Par exemple, se consacrer à l’analyse d’impact, aux enseignements tirés de celle-ci ou au travail de fond permet d’effectuer d’importantes tâches d’accompagnement du projet. Ces dernières font d’ailleurs partie des activités du projet, et n’ont pas d’impact négatif sur les chiffres-clés.

La solidarité s’affirme souvent davantage pendant les périodes de crise. On le constate avec les résultats de la collecte liée au coronavirus de la Chaîne du Bonheur, mais également au travers des nombreuses opérations de collecte au profit des petites et moyennes entreprises concernées. Pensez-vous que le secteur dans son ensemble profitera à long terme de cette tendance ?

Les OBNL montrent aujourd’hui à quel point leur travail est précieux, et qu’elles sont là pour les autres – tout particulièrement pendant les périodes difficiles. Cela permet de renforcer la pertinence du secteur, et peut avoir un effet positif à long terme.

Pour vous, quel scénario « post-coronavirus » serait réaliste pour le marché des dons en Suisse ?

Le passé nous a appris que les crises financières et économiques n’ont pas empêché la croissance globale des dons. Tant que les donateurs les plus importants – c’est-à-dire les ménages et les fondations donatrices – en sont financièrement capables, ils devraient continuer de faire des dons dans la même mesure. Néanmoins, l’impact financier de la crise du coronavirus ne peut pas encore être évalué.

Entretien avec Martina Ziegerer : « Les OBNL montrent aujourd’hui à quel point leur travail est précieux, et qu’elles sont là pour les autres – tout particulièrement pendant les périodes difficiles »